Samedi 21 septembre, 17h30 – Église protestante de Ribeauvillé

Les surprises

Amour et Bacchus

Didon et Énée, mis en concert d’André Campra
Airs à boire et extraits d’opéras de Rameau et Boismortier

L’antiquité gréco-romaine est au centre des arts en France durant le XVIIIe siècle, en témoignent la peinture, le théâtre, mais aussi la musique. L’opéra met principalement en scène les héros et héroïnes mythologiques ; il en est de même pour la cantate, ce nouveau genre musical du début du XVIIIe siècle qui irradie toutes les salles de concerts et les salons. En dehors de Jupiter, Neptune, ou d’autres dieux guerriers, la divinité préférée des compositeurs et des librettistes est « Amour », le fils de Vénus, souvent représenté comme un enfant aux yeux bandés, qui décoche ses flèches sur les amants. Il inspire de nombreux couples, de Didon et Énée à Orphée et Eurydice… Mais sur l’Olympe séjourne aussi un autre dieu beaucoup moins sérieux, et qui inspire aux humains d’autres plaisirs, ceux du vin ! Bacchus et ses ivresses ont été abondamment mis en musique dans des cantates, opéras, mais aussi à travers les « airs à boire ».

Ce programme est construit autour d’œuvres inédites qui proviennent des fonds musicaux de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, notamment le Didon et Énée mis en concert d’André Campra. Cette partition témoigne de la pratique qui consistait, à l’époque baroque, à prendre une partition déjà existante – ici une cantate – et à la remanier pour lui donner une forme et une durée plus importante ainsi qu’un effectif plus fourni. André Campra a ajouté une ouverture et des danses à la partition initiale, mais aussi des parties instrumentales, donnant à la nouvelle version des allures de petit opéra.

Eugénie Lefebvre
soprano

David Witczak
baryton

Xavier Miquel
hautbois et flûte

Gabriel Ferry
violon

Juliette Guignard
viole de gambe

Lucile Tessier
flûte & basson

Étienne Galletier
théorbe & guitare

Louis-Noël Bestion de Camboulas
direction & clavecin

Samedi 21 septembre, 20h30 – Église Saint-Grégoire de Ribeauvillé

Les Traversées Baroques

Del canto, delle lagrime

Une soirée en compagnie de Barbara Strozzi, en commémoration des 400 ans de sa naissance.
Une femme compositrice au destin bien singulier

Imaginez-vous dans la Venise baroque du Seicento, sa culture florissante et ses Arts novateurs. Entendez la musique omniprésente dans les églises, dans les rues et sur le port : les plus belles voix d’Italie et d’Europe sont présentes. Barbara Strozzi est l’une des perles de cet écrin de choix. Son éducation raffinée la place au centre d’un cercle littéraire et musical influent, l’Academia degli unisoni, dont elle devient la muse. C’est dans l’intimité de ces réunions privés qu’elle chante et compose. Barbara y joue également le rôle de maîtresse de cérémonie et choisit les sujets de débats. Un jour s’y tient par exemple une controverse qui résume à elle seule l’état d’esprit de cette période : du chant ou des larmes, quelle est l’arme la plus puissante en amour ? Del canto, delle lagrime, à vous de juger ! Les Traversées baroques vous invitent à redécouvrir l’œuvre de Barbara Strozzi et d’autres compositeurs de cette période : Francesco Cavalli bien sûr ; d’autres également, moins connus, mais ayant pourtant grandement contribué à offrir à la ville de Venise son titre de « Sérénissime ».

Anne Magouët
soprano

Jasmine Eudeline
violon

Judith Pacquier
cornet à bouquin

Laurent Stewart
clavecin & orgue

Mathias Spaeter
luth & théorbe

Dimanche 22 septembre, 15h – Cinéma Rex de Ribeauvillé

Les Traversées Baroques

CinéConcert : Le ballon rouge

Un ciné-concert aérien à voir en famille…

Paris, 1950 : Pascal, un bambin de 6 ans, libère un ballon rouge accroché à un réverbère. Ce ballon se met à le suivre partout où il va, devenant ainsi son ami. Cette étonnante complicité suscite la curiosité, puis la jalousie des plus grands, qui, cherchant en vain à s’approprier ce ballon apprivoisé, finissent par le faire éclater. Pour consoler Pascal, meurtri par la disparition brutale de ce nouvel ami, des centaines de ballons multicolores affluent de tous les coins de Paris, entourent l’enfant, et l’emportent dans les airs. Entre humour et sensibilité, ce magnifique conte cinématographique a été réalisé en 1956 par le cinéaste Albert Lamorisse, remarqué quelques années auparavant pour avoir réalisé Crin Blanc. Le Ballon Rouge a reçu la Palme d’Or à Cannes et l’Oscar du meilleur scénario original. La délicatesse du récit cinématographique est soulignée ici par la musique d’Etienne Meyer composée spécialement pour ce ciné-concert : il signe une œuvre tout en finesse, écrite pour quatre instruments baroques dont il revisite la richesse des timbres. Ce spectacle est un appel au voyage dans un univers sonore et cinématographique d’exception, vous en sortirez enchantés. C’est également une redécouverte du Paris des années 50, de ses commerces, de ses rues étroites, de ses autobus, de son école d’autrefois et de ses enfants en culotte-courte… Un ciné-concert onirique, un spectacle idéal pour passer un moment convivial en famille.

Judith Pacquier
cornet à bouquin & flûte

Michèle Claude
percussions

Christine Plubeau
viole de gambe

David Chevalier
théorbe et banjo

Dimanche 22 septembre, 17h30 – Le Parc – Scène de Ribeauvillé

Le Concert de l’Hostel Dieu

Vivaldi reloaded

Vivaldi et nos contemporains : Karl Jenkins, Karl Aage Rasmussen & Steve Reich

La musique de Vivaldi est intemporelle est universelle. Jaillissante, expressive et théâtrale, elle exprime avant tout le vaste éventail des passions humaines. Et c’est pour cette raison qu’elle séduit l’auditeur spontanément, qu’il appartienne au siècle des lumières ou à notre époque contemporaine. C’est cette force particulière que le Concert de l’Hostel Dieu a souhaité mettre en lumière dans ce programme. Tout en soulignant la modernité de sa musique par une interprétation particulièrement dynamique, il propose la découverte d’un Vivaldi moins connu, à travers un choix d’arias et de concertos aux destins particuliers : opéras perdus, manuscrits inédits et versions alternatives… En contrepoint de ce répertoire qu’Anthea Pichanick défend avec talent et passion, un choix d’œuvres instrumentales contemporaines vient conforter l’ancrage de ce programme dans la modernité. Ces pièces soulignent ainsi à la fois l’universalité de la musique de Vivaldi, mais aussi la fascination qu’exerce celle-ci sur nombre de compositeurs de notre temps. Ainsi, de Rasmussen à Reich, les correspondances sont multiples : la vitalité rythmique d’Electric contrepoint fait écho aux concertos du prêtre roux, la relecture poétique empreinte d’humour de New reading of the Four Seasons résonne comme un hommage vibrant à Vivaldi.

Anthea Pichanick
contralto

Franck-Emmanuel Comte
clavecin & direction

Reynier Guerrero
violon solo

Orchestre du Concert de l’Hostel Dieu
11 instrumentistes

Samedi 28 septembre, 17h30 – Église du Couvent de Ribeauvillé

Faenza

Les aventures burlesques de Monsieur Dassoucy

La lyre retrouvée

Marco Horvat rêvait depuis longtemps de bâtir un programme musical sur l’extravagant Charles Dassoucy, poète, compositeur, luthiste, voyageur, aventurier, mais un petit détail l’avait toujours arrêté : sa musique n’était pas disponible ! En effet, de ses Airs à quatre parties publiées en parties séparées par Pierre Ballard en 1653, la partie de dessus était considérée comme perdue …jusqu’au jour où Frédéric Michel, professeur de clavecin au conservatoire de Boulogne-Billancourt retrouve le fascicule manquant dans une bibliothèque parisienne. Enfin, la merveilleuse polyphonie de Dassoucy pouvait reprendre vie, après trois siècles et demi d’oubli !

La vie mouvementée de Charles Coypeau Dassoucy (1605-1677), ses divagations géographiques et sociales, ses voyages, ses séjours dans les prisons de France et d’Italie, les accusations de sodomie portées contre lui, tout cela concourt à en faire le personnage romanesque qu’il avait lui-même mis en scène dans ses différents ouvrages. Il est exceptionnel de disposer d’un corpus biographique et littéraire d’une telle qualité sur un compositeur du XVIIe siècle. Faenza se devait donc de rendre hommage, en récit et en chansons, à ce compagnon de Molière, de Chapelle et de Cyrano de Bergerac dont les musiques on été si miraculeusement retrouvées !

Jean-Luc Debattice
comédien

Marco Horvat
chant, théorbe & guitare baroque

Sarah Lefeuvre
chant & flûtes

Francisco Mañalich
chant, viole de gambe & guitare baroque 

Aude-Marie Piloz
violes de gambe

Saskia Salembier
chant & violon

Emmanuel Vistorky
chant 

Samedi 28 septembre, 20h30 – Église Saint-Grégoire de Ribeauvillé

Les Métaboles

De profundis

Musique chorale de Marc-Antoine Charpentier et Philippe Hersant

Marc-Antoine Charpentier est l’auteur d’une musique originale et très personnelle, qui s’est épanouie dans la musique chorale. Ce programme met à l’honneur l’exceptionnelle puissance expressive de cet héritage, nourrie par une sensibilité qui s’équilibre idéalement entre la liberté héritée du style italien et la rigueur du style français. Les trois œuvres chantées dans ce programme sont autant de facettes de son art, trois manières singulières de faire résonner le chant : que ce soit par l’éclatement des voix dans le Salve Regina à trois chœurs, le maniérisme à l’italienne du Transfige Dulcissime Jesu ou l’épure de la Messe des Morts à quatre voix, probablement composée au même moment que la célèbre messe de minuit. Ce qui fascine chez Charpentier, c’est son imagination fertile, une inventivité permanente et une science des contrastes mises au service de l’expression juste. C’est peut-être cela qui relie cette musique singulière à l’un des plus grands compositeurs français de notre temps, Philippe Hersant, dont l’œuvre aime tisser des ponts avec le passé et user de références immédiates à la musique baroque. Le Psaume CXXX pour viole de gambe, orgue et chœur, en est peut-être l’exemple le plus abouti. Ecrite en hommage à la musique baroque en général et celle de Bach en particulier, ce Psaume prouve que la musique est propre à abolir les frontières et relier entre elles les époques.

Denis Comtet
orgue

Juliette Guignard
viole de gambe

Léo Warynski
direction
 

Les Métaboles
16 chanteurs

Dimanche 29 septembre, 15h – Salle du Théâtre de Ribeauvillé

Récital

À la cour de Louis XIII et Louis XIV

Boesset, Moulinié, Lambert, De Visée, Le Camus

L’air de Cour est l’une des principales manifestations de l’art vocal français du XVIIe siècle. Des compositeurs comme Antoine Boesset, Etienne Moulinié, puis Michel Lambert, Le Camus ou Joseph Chabanceau de la Barre ont porté ce genre musical à la perfection. A la cour de Louis XIII, Antoine Boesset va succéder au poste que tenait son beau- père Pierre Guédron à la cour de Henri IV. Il nous laisse 9 livres d’airs  à une ou plusieurs voix. En 1661, Louis XIV nomme Lambert « Maître de Musique de la Chambre ». Lambert enseigne, compose, chante à la Cour ou à la ville et seconde Lully, devenu son gendre, comme chef de chant. Il aime à introduire ses airs par une ritournelle instrumentale et composer un « double » à partir du deuxième couplet, où le chanteur orne la mélodie de nombreux ornements aussi délicats qu’expressifs. Ses compositions sont des modèles de grâce et d’élégance à la française, portées par des textes d’un grand raffinement écrits par de grands poètes comme Benserade ou Quinault.

Monique Zanetti
soprano

Claire Antonini
théorbe

Dimanche 29 septembre, 17h30 – Église protestante de Ribeauvillé

Quatuor “Les Récréations”

De Palestrina à l’Art de la Fugue

Palestrina, Gesualdo, Purcell, Scarlatti, Praetorius, Bach

‘’A quattro senza cembalo’’, c’est ainsi que s’intitulent quatre sonates d’Alessandro Scarlatti : à quatre parties, mais sans clavecin ! Ici, l’absence de basse continue implique une écriture équitable. Ce programme nous immerge dans l’art du contrepoint, quête jamais aboutie d’équilibre et de spiritualité au-delà de la mathématique musicale. L’Art de la Fugue de Jean-Sébastien Bach en est une apothéose. À l’heure des premières galanteries, cette œuvre de maturité s’inspire pourtant délibérément du stile antico, et à travers Palestrina du contrepoint de la fin de la Renaissance. On sait en effet par sa bibliothèque que Bach s’était véritablement immergé – notamment grâce à l’exégèse Gradus ad Parnassum de Johann Joseph Fux (1660-1741) – dans ce langage qui le fascinait… Pourtant loin d’être un art sévère ou compassé, cette écriture contrapuntique avait pour première vocation d’être chantée, et le souvenir de cette vocalité est présent tout au long du chef d’œuvre. Cependant, une écriture beaucoup plus virtuose voit le jour, ce dont témoignent par exemple les contrepoints en miroirs ou le contrepoint IX. Pour les instrumentistes à cordes, il s’agit d’une technique italienne de l’archet qui révolutionnera la pratique. Entre ces moments de pur contrepoint, ce programme alterne avec des pièces ludiques ou plus expérimentales, danses ou fantaisies, d’Angleterre et de Naples, tout en gardant à l’esprit les modèles de la fin de la Renaissance.

Matthieu Camilleri
premier violon

Sandrine Dupé
second violon

Clara Mühlethaler
alto

Keiko Gomi
violoncelle

Samedi 5 octobre, 17h30 – Le Parc – Scène de Ribeauvillé

Doulce Mémoire

Au carnaval de Florence avec Léonard

Commémoration Léonard de Vinci (1519-2019)

On considère souvent Vinci sous l’angle du noble vieillard arrivé à la cour de François Ier ou au talentueux ingénieur et peintre employé à Milan au service des Sforza. Pour ce concert, Doulce Mémoire se concentre sur les jeunes années de Léonard et en particulier sur ce moment singulier des fêtes de carnaval de Florence, soutenues et encouragées par le mécénat de Laurent le Magnifique. Léonard a connu dans sa première jeunesse les derniers feux de cette Florence humaniste, qui avait réussi la synthèse de la pensée néoplatonicienne et du christianisme. Dans l’atelier du peintre, sculpteur et orfèvre Verrochio et avec ses camarades Botticelli, Ghirlandaio, Le Pérugin, il a connu la joie de vivre et l’extraordinaire émulation artistique de ces décennies, la folle gaîté du carnaval et de ses mascarades avant la grande réaction piétiste emmenée par le moine Savonarole qui remplacera le carnaval par des processions de pénitents. Léonard préférera partir à Milan où, à la cour des Sforza, la fête continuait. Revivez les fêtes carnavalesques de la jeunesse de Léonard, contraste entre la forme parfaite d’une beauté absolue et l’infiniment laid ou le monstrueux qui le passionne alors. On connaît en effet son goût pour les figures grotesques qui parsèment ses carnets, figures qu’il a pu voir lors de ces fêtes de carnaval où toute la cité défilait travestie sur des chars, en jouant et en chantant les chants de carnaval, dans lesquels la poésie la plus sublime du Magnifique et de Poliziano côtoie des textes extrêmement lestes et obscènes.

Bruno Le Levreur
alto

Hugues Primard
ténor

Matthieu Le Levreur
baryton

Marc Busnel
basse

Pascale Boquet
luth & guitare

Nicolas Sansarlat
lira da braccio

Elsa Frank
flûtes, bombardes & doulçaines

Adrien Reboisson
flûtes, bombardes & doulçaines

Jérémie Papasergio
flûtes, bombardes & doulçaines

Bruno Caillat
percussions

Denis Raisin Dadre

flûtes, bombardes, doulçaines & direction

Samedi 5 octobre, 20h30 – Le Parc – Scène de Ribeauvillé

Virévolte

Pourquoi tu cries ?

Baroque & chanson

Le crocodile lamente et le colibri zinzinule. La soprano, quant à elle, chante à tue-tête. Parfois, on pourrait croire qu’elle crie, elle aussi ! La frontière entre la voix lyrique et le cri est en effet parfois difficile à saisir. Le chant viendrait-il se substituer au cri que l’on s’interdit de pousser ? Un air de Haendel peut-il être à lui seul un cri de rage ou d’espoir ? Une chanson saurait-elle calmer notre cri intérieur ? Fidèle à son projet initial de voyage entre les genres musicaux, Virévolte se lance dans une grande exploration du cri au chuchotement, de Nina Hagen à Wagner, de Merula à Orelsan.

Furie Terribili, Rinaldo Haendel  – Naturträne, Nina Hagen  – Tout va bien, Orelsan – Erlkönig, Schubert – Hor che tempo di dormire, Merula – Chevauchée des Walkyrie, Wagner – Du bout des lèvres, Barbara – Scène finale, Traviata – La minute de silence, M. Berger – Dell’antro magico, Cavalli – Contrapunto bestiale, Banchieri – In tenebrosis, Delalande – Démons de minuit, Images – It’s oh so quiet, B. Hutton – Fais moi mal, B. Vian – Aux langueurs d’apollon, air de la Folie dans Platée, Rameau – Et pourtant dans le monde, G. Moustaki

Aurore Bucher
voix

Jérémie Arcache
violoncelle

Emilien Veret
clarinettes

Pierre Cussac
accordéon

Ludovic Montet
percussions

Dimanche 6 octobre, 15h – Chapelle de l’EHPAD Ste-Marie

Récital

Sonates pour violon et clavecin

Johann Sebastian, Wilhelm Friedemann & Carl Philipp Emmanuel Bach

Quand on évoque la figure de Johann Sebastian Bach, ce n’est pas au violoniste que l’on pense spontanément. Pourtant, lorsqu’un mois avant son dixième anniversaire il se retrouve orphelin de père et de mère, sa part d’héritage se résume au violon de son père, dont il n’allait plus se séparer. Johann Ambrosius Bach, le père de Johann Sebastian, était un fervent instrumentiste et probablement le plus virtuose des violonistes de la dynastie. Quant à son fils, dès son jeune âge, il n’en montre certainement pas moins de talent et sa vie durant, il entretient une relation toute particulière avec cet instrument. Celui qui, grâce au violon, aurait pu être le Vivaldi allemand, va devenir un grandiose virtuose de l’orgue et du clavecin, mais n’en restera pas moins fidèle à son premier instrument.

Dans le répertoire de chambre avec violon, le clavecin chez Bach peut avoir deux fonctions bien distinctes. Il assume traditionnellement la partie de basse continue, dans un rôle d’accompagnement du violon. Mais Bach est aussi le premier compositeur à développer le trio pour clavecin avec violon. Ici, la main droite du claveciniste est d’égale importance à la partie de violon, la main gauche constituant la troisième partie du trio. Sa vie durant, Bach jouera avec « pureté et profondeur », comme le rapportera Carl Philipp Emmanuel, ce fils génial et torturé quelque peu négligé par son père, qui lui préférait son aîné, Wilhelm Friedemann.

Johannes Pramsohler
violon

Philippe Grisvard
clavecin

Dimanche 6 octobre, 17h30 – Église Saint-Grégoire de Ribeauvillé

La Chapelle Rhénane

Bach : Passion selon Jean

Johann Sebastian Bach

S’il existe pour la Passion selon Matthieu une partition définitive de la main de Bach, ce n’est pas le cas pour la Passion selon Jean, que le compositeur a donnée à quatre reprises entre 1724 et 1747. Imaginant la possibilité d’une cinquième exécution peu de temps avant la mort du cantor, la Chapelle Rhénane opte pour une version hypothétique, celle qui semble la plus juste, la plus équilibrée, la plus parlante. Après avoir présenté en 2018 l’illustre Passion selon Matthieu, la Chapelle Rhénane s’empare cette année de sa “petite sœur” : moins théâtrale, la Passion selon Jean est plus dramatique, plus pressante, oppressante, même. Bach y renonce presque systématiquement aux airs da capo pour augmenter la densité du message. Fidèle à ses convictions, la Chapelle Rhénane met en avant l’humanité universelle et intemporelle qui émane de l’œuvre et propose une manière personnelle d’interpréter cette musique. Le rejet d’une accentuation tonique systématique au profit d’une mise en valeur du mot dont la musique souligne elle-même l’importance ; la recherche d’une articulation qui ne tronçonne pas la musique mais au contraire permet l’émergence d’un réel phrasé ; un souci permanent de flexibilité grâce à l’utilisation d’un tempo perpétuellement souple ; la mise à profit du phrasé pour structurer le mouvement. Une interprétation basée sur l’émotion et l’énergie de l’expérimentation, plutôt que sur une quelconque recherche de validité historique.

Aurore Bucher
Estelle Béréau
sopranos

Jean-Michel Fumas
Guilhem Terrail
contre-ténors

François-Nicolas Geslot
Michael Feyfar (Évangéliste)
ténors

Ekkehard Abele (Pilate)
Wolfgang Newerla (Christ)
barytons

Orchestre de la Chapelle Rhénane
15 instrumentistes

Benoît Haller
direction